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Lettre d'information n°2

Les défis du projet MERiFIC

Porté par le Finistère et par la Cornouaille Britannique, le projet MERiFIC vise à mettre en place les conditions nécessaires au développement des Energies Marines Renouvelables (EMR). La coopération entre ces deux territoires et l’avancée de leurs travaux feront l’objet de présentations et de débats durant la Sea Tech Week.


SOMMAIRE

Les défis du projet MERiFIC

3 questions à Ian Gallett, en charge
du développement au SUT

Avec des territoires semblables, péninsulaires, la Cornouaille Britannique et le Finistère sont dotés d’importantes ressources marines : les vagues, les marées et le vent. Ces deux régions ont aussi la particularité d’avoir des communautés insulaires au sein du Parc Marin d’Iroise et des îles Scilly en bout de réseau électrique, où les projets de développement des EMR prennent tout leur sens. Déjà unies dans un partenariat depuis 1989, la Cornouaille Britannique et le Finistère se sont engagés dans un nouveau projet de coopération qui vise à favoriser le développement  des énergies marines sur leur territoire, notamment les énergies pas encore matures comme l’hydrolien, l’éolien flottant et l’houlomoteur. Le projet MERiFIC « Energies Marines dans les territoires insulaires et périphériques » dépend du programme européen INTERREG IV dont l’objectif est de renforcer la compétitivité des régions. Il regroupe dix partenaires engagés dans les quatre thématiques suivantes :
  • le support technologique;
  • les politiques publiques et la réglementation;
  • Le développement économique durable;
  • L’acceptabilité sociale et l’implication de la société civile.

Le projet, d’une durée de trois ans, a été approuvé en février 2011 et le budget, de 4 millions d’euros, est financé pour moitié par la Commission Européenne.

Mettre en commun des bonnes pratiques applicables aux EMR

Comme le souligne Hélène Vente, chargée de mission Energie au Conseil Général du Finistère: « toutes les tâches ont démarré selon le calendrier. » A savoir : la réalisation d’un guide à destination des entreprises susceptibles de se positionner dans les EMR ; la création d’une boîte à outils pour favoriser l’acceptabilité sociale des projets d’implantation ; une étude comparée de la réglementation des deux régions ; le recensement des infrastructures portuaires ; des enquêtes plus spécifiques comme les effets de la pollution sonore sur les animaux marins…

Ces thèmes et bien d’autres encore seront abordés lors de la Sea Tech Week, en séance plénière mais aussi dans le cadre de workshops et de séminaires. L’objectif commun, c’est de soutenir les acteurs concernés. A cet égard, un atelier va réunir en mai à Aberdeen, puis durant la Sea Tech Week, des scientifiques, des ingénieurs, des responsables de bureaux d’études, des universitaires ayant répondu à un questionnaire sur leurs attentes. Il permettra de recueillir leurs suggestions et de les faire remonter à l’échelon européen.

D’autres thèmes seront abordés, comme l’acceptabilité sociale qui fera l’objet d’un atelier public avec l’intervention des comités de pêche locaux bretons et britanniques ou comme l’actionnariat citoyen, permettant aux individus ou aux communautés d’investir dans les projets de production d’EMR. Les exemples d’un parc éolien offshore en Suède et d’un parc éolien terrestre 100 % citoyen à Béganne dans le Morbihan seront ainsi étudiés pour nourrir le débat. De même, les politiques publiques de soutien à l’innovation et à la recherche pour le développement des EMR seront analysées ainsi que les procédures réglementaires comme les autorisations d’implantation et de raccordement électrique. Selon Yannis Kablan, du Parc Naturel Marin d’Iroise, qui travaille en commun avec l’université d’Exeter sur ce sujet: «entre les délais d’autorisation, les tarifs de rachat de l’électricité produite ou la détermination des zones d’implantation, nos règles sont différentes et nous avons beaucoup à échanger pour élaborer ensemble des bonnes pratiques. » Les participants vont ainsi comparer les pratiques en vigueur de part et d’autre de la Manche. Autre exemple, pour recueillir les impacts acoustiques sous-marins, la Grande-Bretagne et la France utilisent des technologies d’écoute différentes. Leurs expériences seront partagées et évaluées afin de mettre en commun des méthodes et des technologies applicables aux EMR.

Mettre en place les bons outils avant l’implantation des EMR

Pour l’instant, dans le Finistère, aucune EMR n’est encore raccordée au réseau électrique. Le projet d’implantation de l’hydrolienne Sabella, dans le Fromveur, qui sera reliée au réseau électrique de l’île d’Ouessant, est très avancé. De son côté, la Cornouaille Britannique, est le lieu d’implantation du Wave Hub, un parc de production houlomotrice multi-technologies en cours d’installation, avec le plus gros connecteur sous-marin jamais installé, d’un poids de 12 tonnes.

« La Grande-Bretagne est en avance sur la France dans le développement des énergies marines, mais c’est surtout en Ecosse que les projets ont été portés, reprend Hélène Vente. Avec la création de France Energies Marines, dotée d’un budget de 130 millions d’euros, nous sommes dans une situation équivalente à celle de la Cornouaille Britannique. MERiFIC va nous permettre de mettre en place les bons outils avant l’implantation des EMR sur nos territoires. Il ne faut pas rater le coche. »


Les acteurs de MERiFIC se sont réunis en septembre au Conquet, dans le Finistère / Source Technopôle Brest Iroise

Les partenaires de MERiFIC : Conseil Général du Finistère, Pôle Mer Bretagne, Technopôle Brest Iroise, Ifremer, Parc Naturel Marin d’Iroise, Bretagne Développement Innovation, Cornwall Council, Cornwall Marine Network, Universités de Plymouth et d’Exeter.

Pour en savoir plus :

Outre la conférence régionale, quatre ateliers de travail thématiques sont organisés par les partenaires de MERiFIC lors de la Sea Tech Week :

  • Ifremer : conditions environnementales, aspects ancrage et opérationnels;
  • Parc Naturel Marin d’Iroise : évaluation des politiques publiques de soutien aux EMR;
  • Pôle Mer Bretagne : développement des compétences;
  • Conseil Général du Finistère : acceptabilité sociale.

Plus d'informations sur les ateliers...

Site Internet de MERiFIC: www.merific.eu

3 questions à Ian Gallett, en charge du développement au SUT

Pour commencer, pourriez-vous nous présenter le SUT ?


Colloque MEB2012 : une filière industrielle pour les EMR

Un inventaire des projets d'expérimentation / Source WINFLO.

Dans le cadre de la Sea Tech Week, un colloque « Marine Energy Brest 2012 », consacré au développement technologique et industriel des EMR en Europe, aura lieu les 9 et 10 octobre. L’objectif est de recenser les conditions de mise en œuvre d’une filière industrielle des EMR. Un point sur le développement de l’éolien offshore ainsi qu’un inventaire exhaustif des projets européens de recherche et d’expérimentation sur l’utilisation des courants de marée, de la houle et de l’énergie thermique des mers sera réalisé lors de cette manifestation où sont attendus 250 à 300 participants. Marine Energy Brest 2012 concerne les scientifiques, issus des laboratoires publics et privés, les ingénieurs et les techniciens spécialistes des EMR ainsi que les décideurs territoriaux. L’accès au colloque se fait uniquement sur invitation.

Contact: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Voir le programme complet du colloque

Les EMR sous l’angle économique et juridique

L’unité mixte de recherche AMURE-Centre de droit et d’économie de la mer organise dans le cadre de la Sea Tech Week un colloque  les 10 et 11 octobre 2012. La manifestation réunira les meilleurs spécialistes français et internationaux en droit et en économie. Ils débattront des problématiques juridiques et économiques nombreuses et complexes qui sous-tendent l’implantation et l’exploitation des énergies marines renouvelables.
Ce colloque devrait contribuer à améliorer la connaissance sur le sujet et la maîtrise du développement de ces énergies. A cet égard, une place sera réservée au retour d’expériences des Etats plus avancés que la France, en particulier le Royaume-Uni, le Danemark ou la Belgique.

Voir le programme complet du colloque

Sessions technologiques : premières inscriptions

Sessions technologiques en 2010 / Source Brest métropole océane.

Plusieurs sociétés ont d’ores et déjà réservé leur participation à une ou plusieurs sessions technologiques qui se dérouleront du 9 au 11 octobre 2012, l’après-midi, lors de la Sea Tech Week.
Il s’agit de : ACTHYD, CADDEN, C-NAV, Evologics et NKE instrumentation. Les sociétés et institutions intéressées, qu’elles soient ou non exposantes au Salon professionnel, peuvent se renseigner et s’inscrire auprès du Centre de congrès Le Quartz.

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Plus d'informations...

Exposition : dans le secret des abysses

La magie des grandes profondeurs dévoilée dans une exposition surprenante/ Source Océanopolis

Océanopolis, le parc de découverte des océans, situé à Brest, présente « Voyages abyssal-Regards de l’extrême », la rencontre unique de trois expositions exceptionnelles. L’exposition « Abysses », qui a déjà fait le tour du monde, est la plus extraordinaire jamais proposée sur le sujet. Entre créatures lumineuses et transparentes, « Abysses » emmène le visiteur de surprises en émerveillements dans l’immensité des grandes profondeurs.

« Rencontre avec le cœlacanthe » propose de découvrir un très vieux cousin de l’Homme, né il y a 400 millions d’années et toujours présent dans les océans. L’exposition dévoile les toutes premières photographies de l’animal dans son habitat, réalisées par Laurent Ballesta, biologiste et photographe, spécialiste de l’exploration naturaliste en plongée profonde. Enfin, la dernière exposition est un grand événement mondial. Pour la première fois, les visiteurs vont pouvoir observer la vie à 1 800 mètres de profondeur grâce à l’AbbysBox, un aquarium pressurisé. Crabes et crevettes des grands fonds sont ainsi les vedettes
d’« AbyssBox, la vie sous pression ». Les remonter à la surface et les acheminer à Océanopolis, tout en préservant leur milieu d’origine, a constitué une véritable prouesse.
A ne pas manquer.

www.oceanopolis.com

 

Ian Gallett, en charge du développement du SUT.

Le SUT (Society for Underwater Technology) est une société savante internationale pour le développement, la dissémination et l'échange des idées, informations et technologies concernant l'environnement marin. Fondée en 1966, la société réunit des organisations et des individus de près de quarante pays qui partagent un intérêt commun dans les technologies sous-marines, les sciences de la mer et l'ingénierie offshore. Le SUT a actuellement des branches en Grande-Bretagne, Norvège, Etats-Unis, Brésil, Australie, Malaisie, Nigeria et Egypte.

Le SUT est organisé en neuf groupes d'intérêt spécialisés incluant la robotique sous-marine, l'investigation et la géotechnique de champs offshore, l'ingénierie et les opérations sous-marines et, bien sûr, les énergies marines renouvelables. Au total, le SUT s’investit sur de nombreux sujets et se montre toujours partant pour ouvrir de nouvelles branches et activités SUT dans le monde.

Les programmes d'événements incluent séminaires, soirées de réunion, formations et conférences (comme celle que nous organisons pour la Sea Tech Week). Nous avons également mis en place un fond de soutien à l'éducation pour attribuer des bourses aux étudiants.

Que va organiser le SUT à la Sea Tech Week ?

Le SUT organise une conférence de deux jours sur les EMR, en se concentrant particulièrement sur les énergies des vagues et de la houle. Nous allons décrypter les expériences acquises avec le développement et l'utilisation de centres de test offshore dans le nord et le sud ouest du Royaume-Uni, et à partir des machines actuellement en développement et en déploiement. Nous allons aussi nous pencher sur la coopération entre le Royaume-Uni et la France, sur les intérêts et le développement français, et enfin sur les impacts environnementaux, sujet que nous co-organisons avec l'Agence des Aires Marines Protégées.

Quels sont les domaines futurs que le SUT étudie en matière d'EMR ?

Les EMR ont un énorme potentiel pour fournir une énergie non-polluante, particulièrement dans le nord ouest de l'Europe mais cela dépend beaucoup de l'implication des sociétés qui développent les systèmes appropriés. Cet effort est soutenu par l'ouverture de centres de test dédiés. Ainsi, l'énergie des courants de marées a plus de potentiel économique que l'énergie des vagues. La première amène plus d'électricité sur le réseau que la deuxième. Mais il n’y a pas de consensus sur le choix des mécanismes pour les machines à houle (contrairement au design des éoliennes qui sont essentiellement des modèles tripales au vent). On estime qu'il y a au moins 300 brevets déposés pour des houlomotrices avec des modèles très différents.

Cependant, l'impératif commun de toutes ces machines conçues pour aller en mer est leur durée de survie. L'environnement marin est très violent et corrosif. Les machines qui réussiront à tirer profit de la ressource en énergie doivent être conçues pour supporter le pire auquel cet environnement peut les confronter et il faut également faire des prévisions réalistes pour la maintenance, parfois très offshore dans des conditions fréquemment difficiles. Le SUT souhaite faciliter le développement de ces machines, en utilisant tout particulièrement les connaissances acquises dans d'autres secteurs de l'industrie, comme l'offshore pétrolier et gazier.

Pour en savoir plus : www.sut.org.uk

Les premiers champs éoliens offshores français attribués

Le ministère français de l'Industrie a annoncé en avril dernier le résultat de l'appel d'offres portant sur la réalisation des premiers parcs éoliens offshores en France. Le consortium emmené par EDF-Energies Nouvelles décroche trois des quatre sites sur lesquels il était en lice : Guérande, Courseulles-sur-Mer et Fécamp. En revanche, c'est son concurrent Iberdrola qui a été retenu pour le futur champ de Saint-Brieuc.

Les différents projets devraient engendrer un investissement de près de 10 milliards d'euros. Les quatre champs sélectionnés doivent permettre d'installer entre 1.8 et 2.25 GW (420 à 750 MW pour Guérande, 480 à 500 MW pour Saint-Brieuc, 420 à 500 MW pour Courseulles-sur-Mer et 480 à 500 MW pour Fécamp). Cela représente 75 à 100 éoliennes de 5 à 6 MW sur chaque parc. Pour mener à bien ce projet, chaque consortium prévoit de développer une filière industrielle. Allié à EDF-EN, Alstom prévoit de construire une nouvelle usine à Saint-Nazaire pour la fabrication d'Haliade 150, sa nouvelle turbine de 6 MW. Un autre site doit être implanté à Cherbourg où la réalisation des pales et des mâts sera confiée à un sous-traitant. Côté Iberdrola, le plan de développement prévoit une implantation au Havre pour la fabrication de turbines Areva (5 MW), ainsi que de la structure des éoliennes.

Par ailleurs, le ministère a également lancé une feuille de route pour soutenir le développement des énergies marines, avec la mise en préparation d'un appel d'offres visant à installer des hydroliennes sur la côte normande. La zone devrait être située au large de la pointe du Cotentin, entre le cap de la Hague et les îles anglo-normandes, afin de bénéficier des effets du courant du Raz Blanchard, un des courants marins les plus puissants en Europe.

Il s'agit de la zone sur laquelle DCNS et la société britannique Alderney Renewable Energy ont signé, fin février, un protocole d'accord pour développer une ferme d'hydroliennes. Le groupe français est, en effet, très engagé dans la création d'une filière industrielle autour des EMR et Brest pourrait  devenir le port d'accueil et d'assemblage des machines.

Les premiers parcs éoliens offshores en France sont désormais attribués  / Source AREVA

Premier câble posé en France pour les EMR

Le site d’essai SEM-REV, situé au large du Croisic en Loire-Atlantique, va être le premier à être relié à ERDF, gestionnaire du réseau public de distribution d’électricité. L’opération de pose et d’ensouillage du câble devait avoir lieu en mai. Membre de France Energies Marine, SEM-REV est l’un des cinq sites d’essai développé par l’Ecole centrale de Nantes avec le soutien des Pays de Loire. Il accueillera, en 2013, la machine houlomotrice S3 de SBM Offshore/Ecole centrale de Nantes et l’éolienne flottante Winflo (DCNS, Nass&Wind). La production d’électricité devrait débuter la même année et permettre d’alimenter plus de 1 000 foyers du Croisic. 

A noter que le site de démonstration est dorénavant signalé sur les cartes du SHOM et balisé par quatre bouées.

Nouveau président pour le GIS Europôle Mer

Antoine Dosdat, directeur de l’Ifremer Brest, succède à la tête du GIS Europôle Mer à Paul Tréguer, arrivé au terme de son mandat. Le GIS Europôle Mer a été créé en 2004 à l’initiative de l’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM), la Station de Biologie Marine de Roscoff et l’Ifremer. En 2006, il est devenu un Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) et regroupe aujourd’hui quinze organismes, acteurs scientifiques en sciences et technologies marines de la pointe de Bretagne. Le GIS Europôle Mer, basé à Brest, a bénéficié d’un budget de 10 millions d’euros sur les cinq dernières années.

Antoine Dosdat, nouveau président de l'Europôle Mer / Source Ifremer


 

CENTRE EUROPEEN DE FORMATION CONTINUE MARITIME

EMSAC : European Marine Science Applications Consortium

International Association of Marine Aids to Navigation and Lighthouse Authorities

The Society of Underwater Technology (SUT)